jeudi 6 juillet 2006

Laideur 20 - Grâce 0


Ce soir dans le métro, je n'arrivais pas à regarder les gens. Ceux qui étaient en face de moi, je les trouvais tellement laids, que je me suis mis la tête dans les mains pendant 20 stations. Il y a des jours où je ne suis pas en phase avec l'humanité. En même temps, j'aime bien cette sensation de détester tout le monde, c'est un sentiment confortable. Mais il faut que ça passe, parce que c'est pas possible.

(Photo : Ben / Rome, Le Gaulois mourant, Mai 2006)

Euphorie 1 - Morosité 0


Ce soir dans le métro, je trouvais tout le monde sympa. Même ceux qui criaient fort, même ceux qui disaient n'importe quoi. Une sensation de partage, des gens heureux, une ferveur populaire déculpabilisante, c'était communicatif. J'aime bien cette sensation collective de griserie dégrisaillante. Mais ça va passer, parce que dans le fond je ne sais pas si j'y crois vraiment.

(Photo : Ben / Paris, Juillet 2006)

jeudi 29 juin 2006

C'est parti


On va enfin pouvoir acheter à nouveau plein de trucs qui ne servent à rien, ou qu'on n'aurait jamais eu l'idée d'acheter à un autre moment de l'année, juste parce qu'il y a des étiquettes dessus avec des pourcentages. Chouette.

(Photo : Ben / Dublin, Mai 2006)

mardi 27 juin 2006

Filtrage sensoriel


J'en suis arrivé à un point où je prends en photo des photos de quelqu'un qui a pris en photo des gens qui prenaient des photos de trucs sans intérêt. Ou des trucs intéressants, mais dont la photo n'a aucun intérêt. D'où l'intérêt. Car celui-ci est plus dans la photo de la photo que dans la photo elle-même, voire que dans le sujet lui-même. C'est comme dans le métro. Je me rends compte que je ne regarde pas les gens, mais je regarde les gens qui regardent les autres gens. Ce n'est plus du regard, c'est de la vache qui rit.

(Photo : Ben / Rome - Musée Captitolin, Exposition Martin Parr, Mai 2006)

lundi 26 juin 2006

Grosse fatigue


Une plage. La mer. Le silence. Le soleil. Dormir. Voilà.

(Photo : Ben / Irlande, Mai 2006)

samedi 24 juin 2006

Je vais tuer mon voisin


Depuis quelques semaines, voire maintenant quelques mois (je ne sais plus trop vu qu'on passe de l'hiver à l'été en 24 heures maintenant), j'entends mon voisin, que je pensais mort parce que je ne le voyais ni ne l'entendais jamais (mais en fait non il n'est pas mort donc). Je l'entends la nuit. Je l'entends ronfler. Des ronflements de bête. Ca donne envie de tuer des gens. De commettre des génocides intergalactiques. D'exterminer tout le monde, jusqu'au dernier. C'est un chinois à qui il est impossible de parler. Quand parfois je le croise et que je lui dit bonjour, il ne me répond pas et me regarde avec un air ébaudi ou tourne la tête comme s'il ne m'avait pas vu. Il ne m'a jamais adressé la parole. J'hésite entre le fait qu'il soit complètement con ou totalement stupide. Il n'a même pas l'air de comprendre ce que "bonjour" veut dire en français. Oui j'ai un peu du mal avec la promiscuité. Oui je crois que commettre des meurtres parfois, ça peut faire du bien.

(Photo : Ben / Florence, Musée des Offices, Avril 2006)

jeudi 8 juin 2006

Que faire ?


Il est des choix qui portent plus à conséquence que d'autres. Il est des moments où il y a plus de choix à faire. Il est des moments où il y a des choix à faire. Et des décisions à prendre. Il paraît que c'est comme ça, quand on est adulte. On doit décider. Si je ne bouge pas, je ne saurai pas ce qui est derrière la porte rouge. En même temps, je me demande bien ce qui est derrière la porte verte. Pour l'instant, je décide de manger une mousse au chocolat à une heure totalement indue. Pas facile d'être adulte en fait. Pourquoi on nous l'a pas dit ?

(Photo : Ben / Irlande, Mai 2006)