mardi 8 août 2006

Ce curieux mal des tropiques


Exit donc Daniel et Bérangère, partis en lune de miel dans l'hôtel d'à côté (ben oui tant qu'à faire, c'est pratique), voilà nos petits amis livrés à eux-mêmes sur l'Ile de la Tentation. Et comme le dirait si bien Harry, avec son style si propre à lui, "ça part en cacahouète total, en live, en live total, ça me monte au cerveau, c'est pas bon du tout". Effectivement, on confirme. Et sur le podium de la goujaterie masculine, on se demande du coup qui va monter sur la première marche tant la concurrence est rude.

En gros, pour résumer, du côté des femmes, ça pleure et ça se prend la tête, et du côté des hommes, ça s'amuse et... ça se prend pas la tête. Sandra, qui n'arrête pas de pleurer depuis le feu de camp, ira même jusqu'à un "j'ai bien gâché ma vie !" (ce à quoi Céline Géraud répondra tout naturellement : "Merci Sandra !... je vous laisser regagner votre lieu de vie" Et pourquoi pas lui donner une corde en partant aussi ?). Mais allez, haut les coeurs, il faut faire comme Mélanie qui va "vivre l'expérience pleinement", expression poético-télévisuelle pour dire qu'on va essayer de se taper le plus de mecs possible, tant qu'on y est c'est gratuit, servez-vous. Et puis ce buffet de desserts aussi m'a l'air délicieux, tiens, si on en reprenait une assiette.

Quant à Emeline, après le passage à taba... euh l'"interview" lors du feu de camp avec Céline Géraud (qui ferait avouer à n'importe quel Saint du calendrier qu'il a fait du traffic de drogue pour le compte de la mafia vaticane), c'est le doute absolu. Il faut dire que Céline sait s'y prendre. La technique d'interview consiste en effet à répéter, avec un ton interrogatif, chaque fin de phrase que lui dit la personne en face d'elle. -"J'ai perdu mon temps..." -"Vous avez perdu votre temps ?". Avec Emeline, ça marche du tonnerre : - "Il la prenait dans ses bras." - "Il la prenait dans ses bras ?" puis - "Elle se cachait des caméras." -"Elle se cachait des caméras ?". De quoi rendre fou n'importe quel sain d'esprit. Et à la fin, le coup de grâce : "Vous n'imaginez pas, ou vous ne voulez pas imaginer ?". Là, Emeline n'y comprend plus rien, le but est atteint, c'est le chaos total, toutes les certitudes se sont effondrées. Crise de larme imminente. Avec un tel questionnement, on en arriverait même à douter qu'il y a des gens qui sont arrivés en couple sur cette île.

Du côté des garçons, il semblerait qu'ils se soient lancés dans un concours de celui qui oublierait le plus vite le prénom de sa future ex. A ce jeu-là, Vincent est assez bon, qui ne prononce pas une seule fois le nom de Mélanie ou n'évoque son respectueux souvenir. C'est la fête. La grande kermesse. C'est tellement n'importe quoi qu'il s'est fait faire des tatouages Malabar sur les bras pendant la nuit, du genre qu'on voit encore le lendemain mais tout baveux et qui mettent deux mois à partir. En tous cas, point d'hypocrise, on y va franco de port, si j'ose dire (car ce n'est pas très sympa pour Shanice, mais enfin bon en même temps, quelle idée de s'habiller avec des filets de gigot ?). Pour Vincent, "elle est toute mignonne, toute craquante, c'est une fille en or c'est sûr". Evidemment, il ne parle pas de Mélanie. De qui dites vous ?

Chez Eric, c'est l'introspection la plus totale, et la zen attitude, mais version mufle des mers du sud alors. Il a fait le point sur son couple nous dit-on : "Je pense de moins en moins à Sandra, je commence à l'oublier, à être moi-même, à en savoir plus sur moi." Passionnant sujet s'il en est. Il se lance alors dans de grande théories sur la plage allongé sur un transat : "Faut pas que j'aime parce que tu m'aimes, alors je dois t'aimer, faut aimer parce que tu l'aimes et parce que tu aimes". Voilà qui est limpide (et digeste) comme de l'eau de piscine. Enfin, Sandra appréciera, si tant est qu'il faille encore en rajouter, le flot de compliments qui déferle subitement tel un Concorde dans le Val-d'Oise, de la bouche d'un Eric décidemment très en verve ce soir : "Il me manque des choses à vivre, des choses belles, je peux être beaucoup plus heureux... j'ai choisi le chemin de l'ouvertchure par rapport à moi, de l'ouvertchure d'esprit, je suis sur le chemin, je me laisse vivre, je me laisse aller là où ça me mènera... ça veut dchire que nul n'est irremplaçable, je suis un peu sur mon mirage, je me rends compte qu'il y a toujours mieux." Esperons donc également que son dealer mexicain est lui aussi sur les chemins de l'ouverture.

Enfin le top du pompon revient tout de même à Harry, pour qui cette "aventure" est avant tout un florilège de trucs de ouf. (notons par ailleurs, et ça n'a rien à voir, que Harry est, de son propre aveu, un "fou des dauphins", bonjour la déco à la maison, fin de la parenthèse). C'est à dire que donc, là ce n'est plus la kermesse tous les vendredis, c'est la grande braderie tous les jours. "Je suis devenu en mode ouf, en mode j'm'en bats les couilles, en mode j'vis ma vis, tu vois ce que je veux dire, ou... ?" Voilà qui résume tout, et de belle manière. L'explication de cet amphigourique verbiage, le voilà : "Je me rabats plus sur Fany, parce que c'est plus mon style de gonzesse." Et moi, je préfère les Peugeot personnellement, c'est plus confortable. Bref, si Emeline avait des doutes, bientôt elle n'en aura plus : "Je ne vais pas dire qu'elle a plus de qualités qu'Emeline, mais..." balancera joyeusement Harry, après avoir fermement rassuré tout le monde : "J'ai passé la soirée avec Fany, on vit une histoire d'amitié très très bien. Je me voile pas la face : j'aime Emeline, et j'aimerais toujours Emeline... pour l'instant." De quoi rassurer n'importe quel marin avant le naufrage, donc.

Et ce n'est pas tout à fait fini, parce qu'Harry, en vainqueur du jour, a droit à son feu de camp à lui, tout seul, face à lui-même, pour "affronter la réalité". Et ce n'est pas facile. Après le visionnage des images, un mystérieux symptôme apparaît chez Harry : le mal de crâne. "J'ai pas compris ce qui s'est passé en fait, c'est bizarre... elle est partie en live total... ou je suis bête ou ya quelque chose que je comprends pas... c'est en train de cogiter dans ma tête c'est bizarre". Ce à quoi Céline Géraud répondra par un "hmm" de circonstance, avant de le lancer sur un sujet sur lequel il a beaucoup moins de mal à s'exprimer : -"Elle vous aide Fany à profiter pleinement de cette aventure ?" -"Ah ça pour m'aider, elle m'aide, ça c'est sûr, ah ça pour m'aider elle m'aide (bis), ya rien à dire sur ce coup-là, bravo, je suis un peu parti en cacahouète, en live, je suis parti en live, ça me monte au cerveau et c'est pas bon du tout." Effectivement... alors de deux choses l'une : Harry aurait-il réellement mal à la tête, ou aurait-il le même dealer qu'Eric. Espérons que la suite nous apportera des eclaircissements sur ce curieux mal des tropiques...

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